Fiscalité Airbnb au Maroc : comment déclarer vos revenus en 2026
Déclarer ses revenus Airbnb au Maroc n'a rien de sorcier — encore faut-il connaître les règles. IR, TVA, abattement : ce qu'il faut savoir pour ne rien laisser au fisc qu'il ne mérite pas.
Beaucoup de propriétaires confondent ne pas déclarer leurs revenus Airbnb avec économiser. En réalité, la fiscalité marocaine sur la location courte durée est plutôt clémente — à condition de bien la connaître. Et l'absence de déclaration est aujourd'hui un risque très concret.
L'IR (impôt sur le revenu) sur les revenus locatifs
Les revenus issus de la location meublée courte durée sont soumis à l'impôt sur le revenu (IR) en tant que revenus fonciers (ou BIC selon le régime choisi). Ils s'ajoutent à vos autres revenus et sont taxés selon le barème progressif marocain.
Le taux marginal peut aller jusqu'à 38 % pour les tranches supérieures, mais pour la majorité des hôtes individuels avec quelques biens, on reste sur des tranches intermédiaires (20-30 %).
L'abattement forfaitaire de 40 %
Bonne nouvelle : la location meublée non professionnelle bénéficie d'un abattement forfaitaire de 40 % sur les revenus bruts pour couvrir les charges et l'entretien. Vous n'êtes donc taxé que sur 60 % de ce que vous encaissez.
Exemple concret
Si vous encaissez 120 000 MAD de revenus Airbnb dans l'année, l'IR ne s'applique que sur 72 000 MAD (après abattement de 40 %). Sur cette base, votre IR se calcule selon le barème en vigueur.
La TVA : seuil de 500 000 MAD
La TVA sur les services d'hébergement touristique au Maroc est de 10 %. Bonne nouvelle : elle ne devient obligatoire qu'à partir de 500 000 MAD de chiffre d'affaires annuel.
Pour la majorité des propriétaires individuels (1 à 3 biens), vous restez en dessous de ce seuil. Au-delà, vous devez vous immatriculer à la TVA, la facturer aux voyageurs et la reverser — ce qui change pas mal le modèle.
Auto-entrepreneur, particulier ou société ?
Trois schémas existent selon votre volume :
- Particulier (revenu foncier) — Pour 1 à 2 biens en location occasionnelle. Simple, pas de comptabilité, l'abattement de 40 % s'applique. Pas adapté si l'activité devient régulière et structurée.
- Auto-entrepreneur — Statut adapté aux revenus modestes (jusqu'à 500 000 MAD pour les services). Régime fiscal forfaitaire, taux d'imposition allégé (1 % du CA). Toutes les activités d'hébergement n'y sont pas éligibles : à vérifier au cas par cas.
- Société (SARL, SA) — Pour plusieurs biens ou un volume important. Imposition à l'IS : 10 % jusqu'à 300 000 MAD de bénéfice net, 20 % de 300 001 à 1 million MAD, 31 % au-delà. Plus de paperasse, mais plus de leviers d'optimisation.
La déclaration annuelle
Vos revenus locatifs doivent être déclarés avant le 1er mars de chaque année. La déclaration se fait via le portail SIMPL-IR ou auprès de votre centre des impôts.
Conservez tous vos justificatifs : relevés Airbnb / Booking, factures de ménage, factures de maintenance, taxe de séjour collectée. Une comptabilité même basique est indispensable si vous voulez optimiser votre déclaration ou justifier vos charges en cas de contrôle.
Pourquoi déclarer (vraiment)
Au-delà de l'aspect légal, la non-déclaration des revenus Airbnb expose à un redressement fiscal où pénalités et intérêts de retard peuvent doubler le montant initialement dû. Et avec la digitalisation des plateformes (Airbnb communique aujourd'hui les revenus à plusieurs administrations fiscales), le risque de détection augmente chaque année.
Notre conseil
Pour 1 à 2 biens, le régime particulier avec abattement de 40 % est généralement le plus simple. Au-delà de 3 biens ou si vous dépassez 250 000 MAD de revenus annuels, consultez un expert-comptable — l'optimisation possible justifie largement les honoraires.
Sources
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