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Réglementation7 min de lecture·8 avril 2026

Loi Airbnb au Maroc en 2026 : la réglementation à connaître

La loi sur la location courte durée au Maroc s'est durcie. Autorisation, fiches de police, plafond de jours : voici ce que tout propriétaire doit faire pour rester en règle.

La location courte durée au Maroc n'est plus une zone grise. Depuis le durcissement réglementaire de ces dernières années, mettre son bien sur Airbnb sans respecter le cadre légal expose à des amendes lourdes — jusqu'à 100 000 MAD. Voici ce qu'il faut savoir en 2026.

Le cadre général : la loi 80-14

La loi 80-14 relative aux établissements touristiques et autres formes d'hébergement touristique encadre toute l'offre d'hébergement au Maroc, y compris les locations meublées proposées via Airbnb, Booking ou Vrbo. Elle s'applique aussi bien aux riads qu'aux appartements.

Concrètement, cette loi pose deux obligations centrales : déclarer son activité et obtenir une autorisation d'exploitation.

L'autorisation d'exploitation

Avant de mettre votre bien en location courte durée, vous devez obtenir une autorisation d'exploitation délivrée par le wali ou le gouverneur de votre région, après avis de la commission régionale compétente.

Le dossier inclut typiquement : titre de propriété ou bail, plan du bien, attestation d'assurance, justificatifs de conformité (sécurité incendie, sanitaires). Le délai d'instruction varie de quelques semaines à plusieurs mois selon les communes.

Les fiches de police

À chaque arrivée, vous devez faire signer à vos voyageurs une fiche de police indiquant leur identité (numéro de passeport pour les étrangers, CIN pour les Marocains), la durée de séjour et l'objet de leur visite.

Cette fiche doit être transmise au commissariat ou à la gendarmerie territorialement compétents. La pratique digitalisée (envoi par e-mail ou plateforme dédiée) se généralise et simplifie le process — c'est l'un des services qu'une conciergerie automatise pour vous.

La taxe de séjour

Dans les grandes villes touristiques comme Casablanca, la taxe communale de séjour est d'environ 15 MAD par personne et par nuit (le montant exact dépend de la classification de l'hébergement et de la commune).

C'est l'hôte qui collecte cette taxe auprès du voyageur et la reverse à la commune. Beaucoup de propriétaires l'oublient — c'est une source de redressement classique.

Le plafond de 120 jours par an

Mesure récente importante : la durée de location via les plateformes est désormais plafonnée à 120 jours par an pour les résidences principales. L'objectif affiché est de préserver l'offre locative résidentielle dans les centres-villes saturés.

Ce plafond ne s'applique pas partout

Pour les biens dédiés à l'activité touristique (déclarés comme tels avec autorisation d'exploitation), le plafond de 120 jours ne s'applique pas. La distinction résidence principale vs bien locatif touristique est centrale.

Les sanctions

Exploiter un hébergement touristique sans autorisation expose à :

  • Une amende de 20 000 à 100 000 MAD
  • La fermeture administrative de l'hébergement
  • L'interdiction d'obtenir une autorisation pendant 3 ans
  • Pour la non-déclaration des revenus : redressement fiscal avec pénalités et intérêts qui peuvent doubler le montant dû

Que faire concrètement ?

Si vous êtes déjà sur Airbnb sans autorisation, l'urgence est de régulariser : déposez votre demande d'autorisation auprès de la wilaya, mettez en place les fiches de police et anticipez la déclaration fiscale (voir notre article sur la fiscalité Airbnb).

Si vous démarrez, intégrez le coût et le délai d'autorisation dans votre business plan dès le départ. La gestion administrative fait partie du métier — et c'est souvent ce qui décourage les propriétaires de gérer eux-mêmes.

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